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Les grandes dates de l'Histoire de la FAF


De grands faits historiques contemporains jalonnent l’histoire de la FAF et marquent les phases cruciales de son évolution. Dès son origine, à travers des figures emblématiques dont l’héritage constitue les fondations de son action, la FAF ancre sa force dans des valeurs fondamentales de solidarité, en se portant au secours d’hommes et de femmes fragilisés par la perte de la vue, de justice sociale, en défendant avec constance les droits des personnes aveugles et amblyopes, et d’ouverture, en étendant son action au-delà des frontières nationales.



L’héritage de grands hommes



L’arrivée des Lumières, en grande partie grâce à Diderot, change le regard porté sur les aveugles. Ce grand philosophe encyclopédiste se passionne en effet pour la cécité et se préoccupe de savoir comment un aveugle de naissance se représente le monde.

C’est dans cette mouvance particulière que naît Valentin Haüy. Fin lettré, cet humaniste veut apporter une éducation gratuite et accessible pour tous les aveugles. Il crée en 1784 la première école pour aveugles, l’Institut Royal des Jeunes Aveugles, ancêtre de l’Institut National des Jeunes  Aveugles (INJA).

Louis Braille, élève hors du commun, y fera son entrée à l’âge de 10 ans, en 1819. Inventeur de génie, il crée, à 15 ans, une écriture à 6 points saillants qui réussit à codifier alphabet, ponctuation, chiffres, solfège… Cette invention, officiellement adoptée en France en 1854, rayonne aujourd’hui donnant aux aveugles du monde entier l’accès au savoir et à la culture. En 1952, centenaire de la mort de Louis Braille, le modeste enfant de Coupvray entre au Panthéon parmi les grands hommes.

La prégnance de l’héritage laissé par ces grands hommes, dans lequel se reconnaît si profondément la FAF, est importante à souligner car elle explique les postures que l’association intègre dans sa pratique associative : humaniste dans sa défense de la dignité humaine, philosophe dans sa démarche réflexive constante, créatrice dans sa recherche incessante de solutions innovantes. A ces valeurs qui sont une part de son identité, il faut ajouter l’engagement militant des fondateurs de l’association ainsi que des principaux présidents qui ont œuvré pour son essor.



Une création en pleine Première guerre mondiale



En 1914, éclate la Première Guerre mondiale. Un grand nombre de blessés graves perdent la vue, suscitant une très forte émotion parmi la population française. Une personnalité emblématique, Octave Berger, aveugle lui-même, historien et sociologue professeur à l’INJA, décide de créer une association de défense des personnes aveugles. L’Amitié des Aveugles de France, aujourd’hui FAF, voit le jour en 1917. Forte d’une action déterminante dans ce combat auprès des personnes aveugles, l’Amitié des Aveugles de France obtient la reconnaissance d’utilité publique le 27 août 1921.

Les membres de l’Amitié des Aveugles avaient alors compris qu’il fallait rompre avec la tradition de charité qui prévalait jusqu’alors. Jusque là en effet, les associations agissant pour les personnes aveugles ou malvoyantes s’inscrivaient dans une tradition de bienfaisance : des personnes voyantes animées des meilleurs sentiments décidaient de faire œuvre de charité en se consacrant à la cause des aveugles. Pour la première fois, des aveugles, parce qu’ils se considéraient experts de leur propre situation, parce qu’ils se sentaient aussi les mieux placés pour identifier leurs difficultés ou leurs besoins, décidaient de se prendre en charge. Cette philosophie «Pour les aveugles, par les aveugles», érigée en devise, anime encore et toujours la FAF.

 


Création du CNPSAA


Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1948, quatre associations majeures du monde typhlophile, l’Association Valentin Haüy, la Fédération des Aveugles de France, la Fédération des Instituts pour Sourds et Aveugles de France, l’Union des Aveugles de Guerre, décident de créer une organisation représentative des personnes aveugles, le CNPSAA (Comité National pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes, devenu depuis CFPSAA), dont la vocation est d’être l’interlocuteur unique du Gouvernement lors de l’élaboration des premiers textes législatifs concernant l’attribution d’une allocation tierce personne ou l’emploi obligatoire des «infirmes et invalides». Partie prenante de cette initiative, la FAF a cherché à accompagner les profondes réflexions qui ont nourri le travail législatif. Elle a également démontré, dès le début de son existence, qu’elle anticipait une dynamique que l’on observe particulièrement de nos jours, le regroupement coopératif au sein d’entités collaboratives, de réseaux.

 

 

Ouverture internationale



En 1989, un événement majeur, la chute du mur de Berlin, précipite la recomposition des rapports Est-Ouest. Dans ce contexte de totale instabilité politique, les associations d’aveugles d’Europe de l’Est se retrouvent comme «orphelines ». La FAF, dans l’élan de solidarité qui la pousse à aider ces «associations sœurs», entreprend une collaboration assidue avec les instances européennes.

Cette volonté d’ouverture aux autres, profondément ancrée dans les valeurs fondamentales de la FAF, a largement dépassé les seules frontières de l’Europe. En 1984, est créée l’Union Mondiale des Aveugles qui regroupe en son sein plus de 170 pays membres dont ceux de l’Union Européenne des Aveugles. La FAF fait également partie de l’Union Francophone des Aveugles, créée en 2001, qui favorise des programmes de développement pour l’Afrique. Confrontée à cette inter culturalité, la FAF défend des valeurs de tolérance et de respect d’autrui et au-delà de son adaptabilité aux soubresauts de l’Histoire, prouve qu’elle peut prendre des risques en sortant du périmètre initial de son action.

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L’association aujourd’hui



La Fédération des Aveugles et Handicapés Visuels de France est un mouvement fédéral dont les instances dirigeantes, bureau et conseil d’administration, ont la particularité, exclusive à cette organisation, d’être très majoritairement composées de membres non ou malvoyants, à l’exception du trésorier. Elle s’est fixée comme objectif «l’amélioration morale, intellectuelle et sociale de tous les aveugles, en France et à l’étranger» (article premier de ses statuts).

Ce «mouvement militant porteur de valeurs, d’idées, de projets en faveur d’une population qui, du fait du handicap qui la caractérise et malgré les incontestables progrès techniques et humains réalisés depuis deux siècles, se considère comme désavantagée dans maints domaines par rapport à l’ensemble du corps social» (extrait du pré projet fédéral) s’appuie sur une structure formée de deux pôles majeurs : son siège fédéral situé à Paris et un réseau de 23 associations membres, 22 groupements sympathisants et de nombreuses structures, implantés dans les régions françaises en un maillage du territoire qui lui permet d’être au plus près des bénéficiaires de ses actions.

Force de proposition représentative au sein d’instances nationales ou internationales, la FAF coopère activement avec d’autres acteurs du monde associatif, œuvrant pour la défense des droits des personnes en particulier aveugles ou amblyopes, mais aussi porteuses d’autres handicaps.

Centre ressources et animateur de réseau par son siège fédéral, base démocratique et gestionnaire de services et de structures par ses associations membres, la FAF est également partie prenant de projets novateurs. Les missions qu’elle s’est assignée montrent de façon significative les ressorts qui l’animent.




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