FI des minorités
Par 200 voix "pour" et 118 "contre", le Sénat a définitivement adopté le 27 janvier en fin d'après-midi, le projet de loi "Pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées". Deux jours auparavant, la Commission Mixte Paritaire, composée de sept députés et autant de sénateurs avait approuvé un texte qui, une nouvelle fois, revenait en arrière sur des points importants et bafouait les promesses qui nous avaient été faites par le Gouvernement le 17 décembre dernier :
- En arguant du fait que "la Prestation de Compensation ne serait inférieure à l'ACTP que dans des cas très particuliers, et notamment celui des personnes aveugles", le sénateur Paul BLANC a, sans autre forme de procès, soutenu un amendement qui nous retire le bénéfice d'une aide minimale dont nous pouvions bénéficier depuis 1977 pour compenser partiellement le lourd handicap qui est le nôtre.
- Ce même sénateur qui, décidément, reste sourd à nos demandes, avait au préalable présenté deux amendements "visant à supprimer l'application d'un délai de cinq ans pour l'accessibilité des programmes télévisés des chaînes publiques et de celles du câble et du satellite aux aveugles ou aux malvoyants, en raison de l'insuffisance actuelle des techniques d'audiodescription." En réalité, ce procédé fonctionne parfaitement en Angleterre, Italie, au Canada et dans de nombreux pays voisins du nôtre, là encore le prétexte invoqué n'est pas crédible.
- Malgré les difficultés qu'elle rencontrera pour le faire, c'est désormais la personne handicapée qui devra conserver les justificatifs nécessaires pour prouver la bonne utilisation de la Prestation de Compensation qui lui sera accordée. Facile pour les aveugles qui, jusqu'à présent, étaient dispensés de cette obligation
- Dans le domaine des retraites, nous ne pouvons que nous féliciter des avancées obtenus qui n'ont pas été remises en cause. Il convient cependant de souligner qu'à juste titre, les organisations syndicales soulignent qu'en l'état actuel des discussions, les seuls salariés supporteraient les charges résultant d'une part, de la majoration des trimestres cotisés dans le régime général de Sécurité Sociale et, d'autre part, de l'octroi éventuel de points supplémentaires par les régimes de retraites complémentaires. Ceci n'est pas admissible. Alors qu'il a présenté plusieurs amendements, dont un pour mettre à la charge de la CNSA une dépense qui aurait pu incomber à l'Etat, le Gouvernement n'a rien fait pour tenir ses engagements envers les personnes aveugles.
Le mot "fi" qui, selon le dictionnaire : "marque le dégoét, le dédain, le mépris" résume à lui seul la façon dont beaucoup d'entre nous se sentiront aujourd'hui considérés.
Paris, le 28 janvier 2005
Philippe CHAZAL
Président du Confédération Française Pour La Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CFPSAA)
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