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Marcher sans mourir !- 07/01/2011
Le partage de la cité doit-il toujours se faire au détriment des usagers les plus vulnérables
s’inquiète Vincent Michel, Président de la Fédération des Aveugles et Handicapés Visuels de France, FAF.
Si le Code de la route a bien réglementé la cohabitation sur les trottoirs entre les piétons et les fauteuils roulants, landaus et poussettes, le législateur n'a pas encore apporté de réponse satisfaisante à la cohabitation avec les engins motorisés récents notamment le gyropode Segway. Même à vitesse modérée, ces engins sont sources de danger et de peur pour les personnes aveugles et amblyopes, mais aussi pour les personnes âgées, malentendantes et les enfants.
Pourquoi ces engins, qui ne sont en fait qu’une sorte de vélos électriques, circulent sur les trottoirs ? Leur place, pour le bien être de tous, est sur les pistes cyclables.
La FAF demande également à l’administration française de revoir sa position sur la notion du 6km/h autorisé sur les trottoirs et avancé par le Code de la route. Cette notion ancienne, qui n’est pas justifiée aujourd’hui, correspond davantage à la cadence d’un jeune sportif qu’à celle d’un piéton ordinaire. Ce d’autant plus que la population française est une population vieillissante et que parmi les piétons, nous comptons nombre de personnes âgées. La FAF demande que le chiffre de référence en la matière soit 4km/h.
La FAF demande aussi à la DSCR, Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière, de mettre fin à l’autorisation temporaire accordée sur sa décision et à titre expérimental à la Société Segway depuis février 2003 et de décider l’application stricte du Code de la route en la matière.
précise Vincent Michel.
Ces engins ne doivent plus être tolérés sur les trottoirs sous prétexte qu'ils ne disposent pas des accessoires obligatoires pour être classés comme véhicules autorisés sur la chaussée. Plus leur nombre augmentera, plus ils seront un danger pour les piétons vulnérables, personnes handicapées ou âgées et les enfants.
La France se singularise en acceptant sur les trottoirs un récent engin à moteur le gyropode, présenté par son inventeur et la Commission européenne comme un non-véhicule.
En revanche dans d’autres pays, en Grande-Bretagne et en Suisse par exemple, selon les législations, l'autorité nationale ou locale habilitée à délivrer une autorisation de circulation a refusé que le gyropode Segway, classé véhicule électrique, circule sur les trottoirs. Les seules exceptions en Suisse : 6 personnes souffrant de sclérose en plaques ont obtenu une autorisation à titre exceptionnel, affichée clairement par une plaque apposée sur l’engin.
Visiblement, la France ne savait pas où classer cette machine non réceptionnée et n'entrant pas dans les définitions d'un véhicule. Elle lui a donc offert les trottoirs et interdit la chaussée au détriment de la sécurité de ses citoyens... comme si le trottoir était un lieu de non-droit.
En témoigne cet extrait du courrier de la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière dont l’objet est « Circulation du SEGWAY sur les espaces piétons » daté du 8 janvier 2003 : « Son utilisation ne pourrait donc se faire en agglomération que sur les trottoirs et les aires piétonnes sous réserve que cet engin circule à l’allure du pas, c'est-à-dire une vitesse maximale de 6 km/h. En effet, pour des raisons de sécurité, il n’est pas envisageable qu’il circule à une vitesse plus élevée que celle indiquée. En effet, les trottoirs et les aires piétonnes sont les espaces dédiés aux piétons, usagers vulnérables, qui ne doivent pas y voir leur sécurité compromise. Compte tenu du caractère très novateur de cet appareil, je ne peux que vous inciter à en expérimenter l’utilisation dans un nombre de lieux limités afin d’en évaluer les conséquences éventuelle en terme d’accidentologie. »
Le rappel par l'administration française que « les trottoirs et les aires piétonnes sont des espaces dédiés aux piétons, usagers vulnérables qui ne doivent pas y voir leur sécurité compromise. » sonne comme un vœu pieux qui souligne l'incohérence de sa décision : elle ne pouvait pas ignorer les combats engagés aux Etats-Unis sur ce problème dès la commercialisation du Segway en 2001.
Les gyropodes et autres véhicules motorisés ne doivent pas être autorisés sur les trottoirs :
1 - parce qu'ils roulent plus vite que le pas moyen d'un piéton. En nombre, ils causeront stress et dangers plus particulièrement aux piétons aveugles et amblyopes mais aussi parents de jeunes enfants, aux personnes âgées et aux PMR (Personnes à mobilité réduite).
2 - parce qu’ils n'ont pas la capacité des piétons valides, même marchant très vite ou courant, de s'arrêter net pour éviter de percuter un piéton.
3 - tant qu’ils ne seront pas limités à la fabrication, et non pas par clé électronique ou autre bridage réversible, à 4 km/h, vitesse du pas humain moyen.
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